
Posted by Nuray Sahin-transfer on 29/10/2009, 20:08:05
culture
Nuray Sahin « J’irai jusqu’au bout de mes rêves »
le 24 novembre 2008
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Trois questions à Nuray Sahin, réalisatrice kurde qui présentait son film Suivre la plume.
Née à Dersim en Turquie, Nuray Sahin a étudié à l’académie du film de Berlin. Elle a réalisé plusieurs courts métrages dont un Die Letzte Patrone, qui a été sélectionné au Festival de Berlin. Suivre la plume est son premier long métrage en dialecte kurde zazaki. Présenté dans de nombreux festivals, il a obtenu deux prix en Italie, deux autres en Allemagne et un en Turquie. Très récemment, il a été diffusé sur une chaîne de télévision allemande, la ZDF.
Comment entendre les propos de votre film ?
Nuray Sahin. Mon but est de rappeler aux gens qu’il ne faut pas oublier d’où on vient et où on va, même si vous vous sentez obligé de vous intégrer dans un quelconque pays. Avec ce film j’ai essayé de montrer les difficultés des enfants issus des familles immigrées, tout ce qu’ils ont laissé derrière eux et tout ce qu’ils ont devant et, surtout, ce qu’ils ont perdu. Pour moi, s’intégrer ne signifie pas oublier ou faire semblant. Oublier sa culture équivaut à perdre son identité. Dans ce film j’ai pris l’exemple d’une famille alévie kurde. Ce film évoque le drame d’une famille immigrée en Allemagne.
Vous mettez en avant les femmes alévies kurdes. Que pensez-vous de la place des femmes dans la société kurde ?
Nuray Sahin. Les femmes sont le sujet principal de mon film. Il n’existe pas beaucoup de femmes réalisatrices kurdes. Dans ce film, j’ai voulu mettre l’accent sur les femmes alévies kurdes, modernes, ouvertes d’esprit et qui ne se laissent pas dominer par les hommes. Dans notre société, il existe des normes souvent assez strictes sur la place accordée aux femmes : on leur demande de réagir en fonction de leurs maris, comme des esclaves. Je sais que c’est vraiment difficile d’en finir avec cette situation ou d’imposer un changement radical. Je m’y attache en réalisant mes films. Si j’ai un message à transmettre à travers mes films, c’est bien celui-là : lutter contre ces discriminations faites aux femmes dans mon pays. Même si je ne me considère pas comme une - féministe.
Avez-vous rencontré des difficultés financières pour réaliser votre film ?
Nuray Sahin. Bien sûr que oui ! Mon film Suivre la plume a été financé uniquement par l’Allemagne, et c’était loin de faire le compte par rapport au scénario. Je n’ai pas encore réussi mais j’irai jusqu’au bout de mon rêve.
Vous êtes actuellement en France. Quels sont vos projets ?
Nuray Sahin. J’ai envie de venir plus souvent en France. J’aimerais réaliser un film franco-allemand, mais ce sont encore des idées vagues.
Est-ce que vous pouvez m’en dire plus ?
Nuray Sahin. (Rires.) Ah non je n’en dis pas plus pour l’instant !
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